PROCÈS DU BOMBARDEMENT DE BOUAKÉ : COUPS TORDUS EN RAFALE

by | Mar 31, 2021 | Côte d'Ivoire, France

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Les commanditaires du bombardement n’ont jamais été identifiés, laissant prospérer toutes les interprétations entre coups tordus et théorie du complot.

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Pourquoi ? Seize ans après le bombardement du camp militaire français à Bouaké la question reste entière. Elle va planer tout au long du procès.

En France, comme en Côte d’Ivoire, chacun à sa petite idée, désignant une faction qui avait un intérêt politique ou financier dans l’opération. Si tout le monde s’accorde sur un point, c’est sur l’impossibilité d’une bavure. Le lycée Descartes où le campement était installé bordait des positions rebelles.

50.000 dollars pour bombarder Bouaké ?

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« On était visibles, identifiables. Il y avait le drapeau français, une grande croix rouge sur le toit de l’infirmerie, c’était impossible de se tromper », assure l’adjudant-chef Tournefier, blessé lors du bombardement.

« Sur place, on discutait avec tout le monde, les rebelles, les militaires ivoiriens. » Bouaké, c’est en pleine zone rebelle, à plus de 300 km au nord de la capitale. Une position rebelle est même proche du campement français.

À cette époque, les soldats ivoiriens tentent de renverser militairement la situation à leur avantage en lançant l’opération Dignité. Les militaires ivoiriens qui informent les Français des positions rebelles visées par leurs raids ont-ils pu se tromper de cible ?

Il y a ceux qui pensent que le coup tordu vient des Ivoiriens, d’un clan intransigeant au sein du gouvernement, qui joue avec le feu pour forcer les Français à passer à l’action. Ou pour les punir de soutenir ces rebelles qui leur tiennent tête et prendront finalement le pouvoir par les urnes en 2010.

À cette époque, les soldats ivoiriens tentent de renverser militairement la situation à leur avantage en lançant l’opération Dignité. Les militaires ivoiriens qui informent les Français des positions rebelles visées par leurs raids ont-ils pu se tromper de cible ?

L’enquête évoque aussi des déclarations sur une somme de 50.000 dollars versée aux deux pilotes biélorusses pour bombarder le camp de Bouaké. Vrai ou faux ? Et au profit de quel commanditaire ?
Les deux pilotes ivoiriens qui ont participé au raid meurtrier sur Bouaké, eux, n’ont jamais été inquiétés par la justice. Ils avaient même été promus dans les six mois qui ont suivi.

Il y a ceux, encore, qui assurent que les militaires ivoiriens pensaient obtenir une victoire déterminante à Bouaké en se débarrassant des chefs de la rébellion.

Un agent double infiltré chez les rebelles et un informateur français ont-ils vraiment averti, ou enfumé, les militaires du régime Gbagbo en leur disant que leurs chefs devaient se réunir dans un gymnase proche du camp français… Ils devaient soi-disant le traverser pour se « déguiser » en civil.
Info et intox se mêlent en permanence créant un brouillard impénétrable.

Pour Me Balan, la cause est entendue. La France, qui n’a pas voulu des pilotes biélorusses arrêtés au Togo, cache un jeu trouble et sans doute un coup d’État loupé.

Pas d’accord, tempête son adversaire de la défense, Me Béthune de Moro. « Qui a acheté les avions ? La Côte d’Ivoire ! Qui a payé les pilotes mercenaires ? La Côte d’Ivoire ! Les avions portaient ses couleurs. »

L’avocat déplore que les investigations se soient toujours tenues à l’écart de la piste du mercenariat et d’un « intouchable », l’ex gendarme français Montaya, intermédiaire dans la vente des avions de chasse.

« Ce n’est pas un dossier franco-français comme on nous le présente », martèle l’avocat en s’étonnant que l’accusation n’a fait citer aucun témoin ivoirien ou biélorusse.

Fallait-il ménager d’autres intérêts ? Encore une question. Une de plus. Mais toujours pas de réponse.»

FRANÇAIS TUÉS À BOUAKÉ EN 2004 : LE PROCÈS S’OUVRE À PARIS

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Source : centre-presse

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