Après la crise post-électorale de 2010 ; laquelle a occasionné 3.000 morts, des milliers d’exilés avec en sus, l’emprisonnement du Président Laurent Gbagbo à La Haye, voici que la Côte d’Ivoire court vers un autre chaos. A quelques jours de l’élection présidentielle, le pays a sombré dans une crise pré-électorale. A ce jour, l’on enregistre une cinquantaine de morts, des centaines de blessés et de nombreux dégâts matériels. Au centre de cette crise, la candidature à un troisième mandat du Président Alassane Ouattara.

Pour l’opposition et la société civile, la candidature de Ouattara viole la constitution. Outre cela, l’opposition, réclamant des élections justes, transparentes et inclusives avait demandé le report de l’élection présidentielle du 31 octobre, la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) dans l’esprit de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), la recomposition du Conseil constitutionnel etc.

Face à l’entêtement du Président Alassane Ouattara, l’opposition a appelé à la désobéissance civile et invité les populations à empêcher par tous les moyens l’organisation du scrutin sur toute l’étendue du territoire. Des violences et une répression sanglante ont été enregistrées dans plusieurs villes du pays ; notamment à Bongouanou, Dabou, Bonoua, Divo, Abidjan etc. La résidence du président du Front populaire ivoirien (FPI), candidat à l’élection présidentielle, a été incendiée.
Une mission de la Cedeao ayant séjourné dans le pays n’a pu ramener les deux parties à la raison. Dans un communiqué produit le mercredi 22 octobre, le gouvernement a invité l’opposition à la table de négociation, tout en promettant de prendre en compte la réforme de la CEI tel que prescrit par la CADHP. Suspectant Ouattara de ruser, l’opposition a rejeté les propositions du gouvernement. Elle a maintenu son mot d’ordre de désobéissance civile et réclame un dialogue sous l’égide de la communauté internationale.

Les activités économiques sont au ralenti dans le pays, du fait des violentes manifestations enregistrées çà et là. A une semaine de l’élection, les ivoiriens s’interrogent. Ils ne savent pas ce que leur réserve le lendemain.

Pierre Constantin LA FAYETTE

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.