Présidentielle 2020 en Côte d’Ivoire : Gbagbo out !

par | Juil 6, 2020 | Côte d'Ivoire | 0 commentaires

Quelle que soit son envie de vouloir briguer un autre mandat présidentiel, l’ancien Chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo ne sera pas candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre prochain. Il est forclos.

La constitution ivoirienne, en son article 48, permet à toute personne qui a la qualité d’électeur de se faire élire Président de la république. Cependant, l’article 49 rend inéligibles, toutes les personnes privées par décision judiciaire de leur droit d’éligibilité, ainsi que toutes les personnes pourvues d’un Conseil judiciaire.

Au regard de ces dispositions, il est clair que Laurent Gbagbo a perdu sa qualité d’électeur ; donc inéligible à la prochaine élection présidentielle. L’article 4 est très explicite : « Ne sont pas électeurs les individus frappés d’incapacité ou d’indignité notamment : les individus condamnés pour crime ; les individus condamnés à une peine d’emprisonnement sans sursis pour vol, escroquerie, abus de confiance, détournement de deniers publics, faux et usage de faux, corruption et trafic d’influence, attentats aux mœurs ; les faillis non réhabilités ; les individus en état de contumace ; les interdits ; les individus auxquels les tribunaux ont interdit le droit de vote et, plus généralement, ceux pour lesquels les lois ont édicté cette interdiction ».

Visiblement, Gbagbo est éliminé d’office. La Justice de son pays, l’a jugé et condamné par contumace, à 20 ans de prison ferme plus une amende 329 milliards F Cfa. Quoiqu’acquitté, le dossier « Laurent Gbagbo contre la procureure Fatou Bensouda » est encore pendant devant la Cour pénale internationale (CPI) ; la procureure a fait appel à la décision « d’acquittement ». La condamnation en Côte d’ivoire et les audiences qui se poursuivent au niveau de la CPI sont largement suffisantes pour le Conseil d’Etat de l’exclure de la course. Avec lui, son privés également son épouse Simone Ehivet, son ministre du budget Koné Katinan est bien d’autres cadres proches de lui.

Le jeudi 28 mai, la CPI a allégé les conditions de liberté de Laurent Gbagbo. Il est autorisé à quitter Bruxelles, où il était assigné à résidence surveillée. Mais malgré cela, celui-ci n’a pas encore quitté la Belgique pour un autre pays, ni regagné la Côte d’Ivoire.

Seuls ses partisans, appelés « Gbagbo ou rien » (GOR), entretiennent l’illusion. A quatre mois des élections, ils croient toujours à un miracle : « Gbagbo revient avant octobre pour prendre sa place », racontent-ils à qui veut les entendre. Sans démontrer par quelle alchimie cela est possible. Ils refusent de croire que Laurent Gbagbo est disqualifié pour le fauteuil présidentiel. Et pourtant, son statut social et juridique l’énonce aisément. Ils ne s’en rendront compte que quand ils seront mis devant le fait accompli.

Pierre Constantin LA FAYETTE

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