NIGER : L’ELECTION DE BAZOUM MARQUE LA PREMIÈRE TRANSITION DÉMOCRATIQUE DEPUIS 1960

by | Feb 25, 2021 | Niger, Politique

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Sans surprise, Mohamed Bazoum, candidat du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS) le parti au pouvoir, a, selon les résultats provisoires proclamés par la Commission électorale nationale indépendantes (CENI), remporté le deuxième de tour de la présidentielle du 21 février dernier. Il a obtenu 55,75% des suffrages, soit 2.501.459 voix ; devançant son adversaire, l’ancien président Mahamane Ousmane, crédité de 44,25% des suffrages, soit 1.985.736 voix.

Cette élection de Mohamed Bazoum est historique. Elle marque la première transition démocratique au Niger, depuis son accession à l’indépendance en 1960. Pour la première fois, un président sortant démocratique élu, transmettra le flambeau à un successeur lui aussi démocratiquement élu. Avant cela, ce pays du sahel s’était jusque-là tristement illustré par des coups d’Etat militaires et crises politiques qui ont toujours emporté les dirigeants. Retour sur les mésaventures des Président de la République du Niger, avant l’avènement de Mahamadou Issoufou.

Premier président de la République en 1960, Hamani Diori est renversé, le 15 avril 1974, par un coup d’Etat du général Seyni Kountché, alors lieutenant-colonel, Chef d’Etat-major des armées. S’arrogeant le titre de Président du Conseil militaire suprême, il dirige le pays jusqu’à sa mort le 10 novembre 1987. Les militaires conservent le pouvoir. Le général Ali Saïbou, cependant chef d’Etat-major de Kountché prend les rênes du pays, après avoir été désigné par le Conseil militaire suprême. En 1989, Ali Saïbou fait adopter la Constitution de la IIe République et se fait élire Président de la République. Il crée alors le Mouvement national pour la société du développement (MNSD) qui sera le parti au pouvoir. Il régnera jusqu’en 1993.

Vainqueur de la première élection présidentielle organisée dans le pays le 27 mars 1993, Mahamane Ousmane, candidat malheureux au second tour de la dernière présidentielle, le 21 février dernier, arrive au pouvoir. Le 27 janvier 1996, il est à son tour déchu de ses fonctions de Président de la République par un coupc d’Etat du colonel Ibrahim Baré Maïnassara, alors chef d’Etat-major. Avec ses galons de général, il organise des élections en juillet 1996, soit six mois après son accession au pouvoir, et devient Président de la République. Le 9 avril 1999, Maïnassara est assassiné dans un coup d’Etat orchestré par sa garde personnelle. Le commandant Daouda Malam Wanké prend le pouvoir. Il met sur pied le Conseil de réconciliation nationale qu’il préside.

A la suite d’une nouvelle élection organisée en novembre 1999, le lieutenant-colonel Mamadou Tandja, candidat malheureux à la première élection présidentielle de 1993 face à l’ex-président Mahamane Ousmane, est élu Président de la République. En 2004, il rempile pour un second mandat. En 2009, il fait voter par référendum, une Constitution qui, non seulement proroge son mandat de trois ans, mais elle l’autorise à se représenter ; alors que la première limitait les mandats à deux.

Le 18 février 2010, Mamadou Tandja est renversé dans un coup d’Etat mené par le commandant Salou Djibo, chef d’escadron commandant la compagnie d’appui de Niamey. Devenu l’homme fort du pays, Djibo crée et préside le Conseil suprême pour la restauration de la démocratie. Il dirige le pays jusqu’au 7 avril 2011, où il transmet ses pourvoir à Mahamadou Issoufou ; candidat du PNDS (son parti), élu Président de la République au second tour, avec un score de 57,95% des suffrages face à Seyni Oumarou, le candidat du MNSD.

Après ses deux mandats, le Président Mahamadou Issoufou, respectueux de la Constituion de son pays renonce à un troisième mandat. Son parti parraine la candidature de Mohamed Bazoum, alors ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières et religieuses. Le 29 juin 2020, Bazoum démissionne du gouvernement pour se consacrer à la campagne. Au soir du 21 février dernier, il est élu Président de la République du Niger. Succédant ainsi, démocratiquement, à Mahamadou Issoufou.

Notons qu’après l’annonce des résultats, des manifestations ont éclaté dans certaines villes du pays. En effet, dénonçant un “hold-up élecotal“, les partisans de l’opposition sont descendus dans les rues de Niamey, la capitale et Zinder, la deuxième ville du pays. S’exprimant sur sompte twitter, le candidat malheureux Mahamane Ousmane a lui aussi revendiqué la victoire. “La compilation des résultats des procès verbaux à travers nos représentants nous donne gagnant avec 50,30% des votes contre 49,70%“, a-t-il écrit.

KOFFI KOUAME

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