MALI : NI ÉTAT, NI TERRITOIRE POUR LES GROUPES DJIHADISTES

par | Juil 25, 2020 | Afrique, Djihadisme, Géopolitique, Mali, Politique, SAHEL | 0 commentaires

De Jean Martinien DURANTE

Visiblement, il sera difficile au célèbre imam Mahmoud Dicko d’aller jusqu’au bout de son agenda caché sous le manteau de la religion et basé sur la grogne des maliens contre le pouvoir. La déclaration du président en exercice de la CEDEAO, le Président nigérien Mahamadou Issoufou, à la fin de la rencontre des cinq chefs d’Etat de l’Afrique de l’ouest, le jeudi 23 juillet à Bamako, montre clairement que le Président Ibrahim Boubacar Kéita dit IBK ne bougera pas. Le plan de sortie de crise proposé par les émissaires de la CEDEAO ne prévoit pas une mise à l’écart du Chef de l’Etat malien. « A l’issue de ce sommet, je pense que la CEDEAO prendra des mesures fortes pour accompagner le Mali. Faire partir le président IBK alors qu’il a été démocratiquement élu demeure une ligne rouge pour la CEDEAO », a dit Mahamadou Issoufou.

Cette sortie du Président en exercice de la CEDEAO semble briser le rêve de Mahmoud Dicko, dont l’objectif est d’obtenir le départ du pouvoir d’IBK. Ses propos, après avoir été reçu par les Présidents Muhammadu Buhari du Nigéria, Mahamadou Issoufou du Niger, Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire, Nana Akufo-Addo du Ghana et Macky Sall du Sénégal, dans un hôtel de la place, témoigne qu’il n’a pas obtenu gain de cause. « Rien n’a bougé pour le moment. Si vraiment c’est à cause de cela qu’ils se sont réunis, je pense que rien n’a été fait », a déclaré Mahmoud Dicko qui ajoute ceci : « Nous sommes un peuple débout, nous ne sommes pas un peuple soumis ou résigné. Je préfère mourir en martyr que de mourir en traitre. Les jeunes gens qui ont perdu leur vie ne l’ont pas perdue pour rien ». Un sommet de la CEDEAO sur crise malienne est annoncé pour le 27 juillet prochain. Celui-ci rassemblera les 15 Chefs d’Etat de l’organisation.

La situation qui prévaut au Mali est très préoccupante pour les Etats de l’Afrique de l’ouest. Le pays est dans le viseur des groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et l’Etat Islamique. Opérant depuis près d’une décennie dans la Bande Sahélo-saharienne (BSS), ceux-ci sont en quête d’un territoire pour fonder un Etat à l’effet de contrôler toute l’Afrique de l’ouest. Le Mali semble bien indiqué. Son septentrion est déjà sous contrôle de ces groupes terroristes. A savoir, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) du touareg Iyad Ghali, la Katiba Macina du peuhl Ahmadou Koufa et autres. Reste le sud du pays et la capitale Bamako pour mettre le pays entier sous le contrôle des groupes terroristes. La pièce maîtresse toute trouvée pour faire aboutir ce plan est bien l’imam Mahmoud Dicko. Depuis 2016, ce dernier est en contact avec Iyad Ghali ; dont la stratégie de conquête consiste à s’appuyer sur des groupes déjà actifs et à capitaliser sur la colère des communautés à l’encontre du pouvoir malien. Décapiter l’exécutif malien, pour satisfaire l’imam Mahmoud Dicko, ouvrira la voie à l’instauration d’un Etat djihadiste et terroriste en Afrique de l’ouest. Une menace pour les autres pays et leurs communautés. La CEDEAO ne peut envisager un tel schéma.

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