LIBYE : LA RUSSIE VA-T-ELLE LÂCHER HAFTAR ?

par | Juil 10, 2020 | Afrique, Géopolitique, Maghreb & Moyen-Orient | 0 commentaires

Début juin a consacré l’échec de l’offensive de l’Armée nationale libre (ANL) du maréchal Khalifa Haftar lancée en avril 2019 contre Tripoli pour renverser le gouvernement de Fayez El-Sarraj, soutenu par la communauté internationale. Les milices alliées au Gouvernement d’union nationale ( GNA ) soutenues par la Turquie ont mis en déroute l’ANL. La contre-offensive a amené les combattants russes, soutien de l’ANL, a quitté la base de Bani Walid, à 170 km au sud-est de Tripoli d’une part ; et contraint d’autre part les hommes du maréchal Haftar à replier dans l’ouest du pays qu’il contrôle. Lire aussi : L’ÉCHEC DE L’OFFENSIVE HAFTAR ?

Si pour certains, le retrait des mercenaires russes de la région de Tripoli avec leur armement lourd présage un retrait de la Russie de la crise libyenne, la réalité du terrain et le contexte des intérêts économiques qui sous-tendent cette crise font que la Russie n’abandonnera pas le maréchal Haftar . Connaissant les ambitions de la Turquie, causes de son implication directe dans le conflit, la Russie agira comme en Syrie pour barrer la route à Recep Tayyip Erdogan , dont la volonté est d’installer des bases militaires en Libye ; pour non seulement mettre la main sur le pétrole et le gaz du pays, mais profiter de la position stratégique de la Libye pour s’incruster en Afrique et affaiblir l’Europe. C’est ce qui explique le déploiement de plusieurs frégates aux larges de Tripoli, en soutien au GNA. Ces frégates ont permis aux milices du GNA de remporter plusieurs victoires face à l’ANL.

La présence de la Russie dans le dossier libyen entre dans la droite ligne du sommet Russie-Afrique ayant rassemblé plusieurs Chefs d’Etat et chefs de gouvernement africains, les 23 et 24 octobre 2019 à Sotchi. Le Président Vladimir Poutine, avait réaffirmé sa volonté de renforcer les liens entre les pays africains et la Russie. De ce fait, la Russie ne peut pas laisser la Turquie lui damer le pion en Libye, pays stratégique. Donc il sera difficile ou suicidaire de lâcher l’ANL du maréchal Khalifa Haftar ; soutenu également par l’Egypte et les Emirats Arabes Unis (EAU). La preuve, l’Egypte a déclaré « zone rouge », l’axe Djoufra-Syrte, frontière entre l’ouest de la Libye contrôlée par la Turquie et l’est, la Cyrénaïque, contrôlé par Haftar ; c’est-à-dire, une ligne que le GNA ne doit pas franchir, au risque d’une intervention directe. Le dimanche 5 juillet, bien qu’ayant replié, l’ANL a bombardé la base aérienne stratégique Al-Witya, aux portes de Syrte, que lui avait reprise le GNA aidé des combattants turcs. Ces frappes ont obligés les hommes de Fayez El-Sarraj à quitter cette base qui devaient leur permettre de lancer une offensive contre Syrte, ville stratégique de l’est de la Libye. Lire aussi « En Libye, la Russie mène une stratégie de “pinçage” contre l’Europe »Du côté d’Ankara et du GNA, l’on parle d’un avion « étranger et inconnu ». Ce qui veut dire que le Mig-29 russe qui a opéré les frappes appartiendrait à un pays étranger qui soutient le maréchal Haftar.

Jean Martinien DURANTE

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Play
Play
Play
Play
Play
Play
Play
previous arrow
next arrow
previous arrownext arrow
Slider

Abonnez-vous à notre newsletter

Rejoignez notre liste de diffusion pour recevoir les dernières nouvelles et mises à jour de notre équipe.

Vous vous êtes enregistré avec succès

Share This