CRISE Pdci/fpi: JEAN-BONIN répond à gnamien yao

par | Juin 11, 2020 | Côte d'Ivoire | 0 commentaires

LETTRE OUVERTE À UN AÎNÉ, NAUFRAGÉ DES TEMPS NOUVEAUX ; GNAMIEN YAO, CI- APRÈS DÉSIGNÉ « GRAND » CONFÉRENCIER DU PDCI

Cher aîné, 

S’il y a une constante qu’on observe chez les repentis absous, c’est leur propension au griotisme et à la flagornerie. En adoptant cette posture reptilienne, ces partisans de la reptation espèrent ainsi pouvoir conjurer le mauvais sort qui les habite. Malheureusement, mon cher frère Gnamien Yao n’échappe pas à cette règle. 

 

En effet, tel un courant d’air, Gnamien Yao, éphémère ministre semestriel sous le président Gbagbo, dans une lettre ouverte, s’est permis, dans un niveau de langage approximatif et à la hauteur de ses nouvelles charges de « Grand » conférencier du PDCI, de traiter le président Affi N’Guessan de tous les noms d’oiseaux. Comme s’ils avaient élevé les porcs ensemble.

 

Nicolas Boileau disait que : « ce que l’on conçoit bien, s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément ». Manifestement, l’esprit de synthèse n’est pas ce qui caractérise mon aîné Gnamien Yao qui aura eu besoin de « coucher » sur pas moins de 6 pages ses attaques “en dessous de la ceinture” contre le président du FPI. La répétition des mots y était en concurrence avec la redondance de syntaxes familières aux élèves des classes primaires. 

Cher aîné, cher frère, 

J’aurais pu répondre, point par point, à tes injures contre le président Affi. Cependant, mon éducation ne me le permet pas. Par ailleurs, leur vacuité le disputant à leur futilité, il ne m’a pas semblé utile d’accorder une quelconque importance à tes enfantillages. Alors permets-moi plutôt, une fois n’est pas coutume, de donner à l’aîné que tu es quelques conseils d’usage. 

 

Vois-tu, le PDCI attend de toi, son « grand » conférencier, que tu ressasses aux nostalgiques de ton parti ses heures de gloires perdues. Au lieu de cela, tu choisis de te reconvertir dans les immondices des invectives publiques. Est-ce parce que tu n’en as pas le talent nécessaire que tu préfères opter pour la fanfaronnade ? Quand on a occupé de hautes fonctions dans l’administration publique, la sagesse commande qu’on fasse preuve d’un minimum de retenue, surtout lorsqu’on est diplomate. 

Cher frère, 

Fais preuve d’introspection et cherche à exorciser tes propres démons. Insulter le Président Affi comme tu le fais peut apparaître comme un exutoire mais, crois-moi, cela est insuffisant pour blanchir la page sombre de ton parcours politique que tu as toi-même écrit à l’encre de la traîtrise à la cause des tiens et de ta formation politique. N’est-ce pas cette attitude de chacal qui t’a valu d’être éjecté comme un pestiféré du PDCI, en 2009, par le Président Bedié ?

 

N’aies pas la mémoire poreuse ! Hier, comme Pierre, avant même le 3ème chant du coq, tu reniais, et le PDCI, et Bédié au nom de l’impérieuse nécessité de la satisfaction de ta panse. N’est-ce pas ce reniement du PDCI qui t’a valu, toi, homme auto proclamé “de grande foi”, d’être nommé par le président Gbagbo Directeur National de Campagne Adjoint (DNCA) chargé de la diaspora ? N’est-ce pas cela Monsieur le président du mouvement “Tous pour Bedié, Bedié pour Tous” ?

Cher aîné,

Comment peux-tu naïvement croire que ce sont tes injures contre le Président Affi qui te vaudront l’absolution après laquelle tu cours depuis tout ce temps ? Ne t’y méprends pas ton premier juge c’est d’abord ta conscience. Ta rédemption viendra de là ou… ne viendra.

 

Tu le sais mieux que quiconque, les hommes pardonnent mais oublient difficilement. Tes amis du PDCI n’ont pas oublié que toi qui doute que le président Affi soit un homme digne de confiance, il a suffi que Gbagbo tombe pour que, la queue entre les jambes et toute honte bue, tu cours faire allégeance à Bedié que, urbi et orbi, tu traitais pourtant “d’homme du passé et dépassé”. Quelle indignité !

 

Frère, quand tu as posé des actes aussi ignobles envers les tiens le mieux qu’on puisse attendre de toi c’est que tu fasses profil bas au lieu de t’attaquer à autrui sur une thématique dont tu es l’exacte antithèse. Comme si quelqu’un t’avait jeté un mauvais sort, il n’y a pas si longtemps tu t’illustrais déjà de la plus mauvaise des manières en t’en prenant à Jean-Louis Billon, puis à Adjoumani et enfin à Ahoussou Jeannot et aujourd’hui à Affi. Qu’est-ce qui te tourmente autant cher frère ?

 

Que veux-tu finalement que la conscience collective ivoirienne retienne de ton passage sur le plancher des vaches ? Que tu excelles dans le « gâte-gâte » comme le font les élèves de nos collèges et lycées ? Je ne peux le croire vu que tu n’en as plus l’âge.

Cher aîné, 

Notre génération, celle qui te suit, attend de toi que tu sois un exemple de vertu, de probité et de compétence et non une girouette politique et un laudateur sans foi ni loi, uniquement mû par ses ambitions carriéristes. Nous attendons surtout de toi et de ceux de ta génération que vous soyez ceux qui tracent les sillons réhabilitateurs de la politique dans notre pays. Ce beau pays qui, à cause de vos agissements de ventriloques, a perdu toute sa noblesse au point où sa classe politique se complaît dans la souillure et l’indécence. 

Cher aîné, 

C’est dans l’air du temps. Toi aussi, par opportunisme, tu peux jouer au nouvel amoureux de Gbagbo en t’érigeant en défenseur de sa cause après que ton parti et son président aient activement contribué à sa chute et son extradition à la CPI. Vous n’êtes pas à une contradiction près.

 

Je ne t’en veux pas de faire des reproches à un adversaire politique, fut-il ton 1er ministre et ton bienfaiteur, co-pensionnaire à la prison de Bouna où il m’a été rapporté que, toi le courageux de la 25ème, tu pleurais toutes les nuits comme une pucelle effarouchée pour ne pas que ton geôlier, « Chikito », t’exécute. Tu faisais moins le malin là !

 

Parce que je ne désespère pas de la nature humaine, je sais que tu peux changer. Tu le peux nul n’est condamné à demeurer dans la médiocrité. Comme le disait l’un de tes référents politiques, le respectable président Félix Houphouët-Boigny, dont manifestement tu n’as pas beaucoup appris : « seuls les imbéciles ne changent pas ». Alors, change !

 

Tu dis du 1er ministre Affi N’Guessan, sous les ordres de qui tu as servi comme ministre, qu’il était un 1er ministre de la rébellion. Non, cher aîné, Affi N’Guessan a démissionné de son poste de 1er ministre lors des accords de Marcoussis, justement à cause de la rébellion. As-tu aussi oublié qu’à cette époque, le PDCI, le parti politique dont tu te réclames aujourd’hui, convolait en justes noces avec ces rebelles dont le président Bédié dit aujourd’hui de son ex-chef qu’il est son fils ? Quelle ingratitude ! 

Cher frère, 

Tu ne connais pas Bédié et encore moins Gbagbo plus que le président Affi. Ne t’érige donc pas en donneur de leçon car tu ne joues pas dans la même catégorie que l’honorable Affi. Tu sais, alors que tu joues encore dans la division “corpo”, Affi N’Guessan, président du FPI, vice-président de l’international socialiste, maire, député, président d’un conseil régional, ministre, 1er ministre, arrivé en 2ème position lors de la présidentielle de 2015, lui il joue la champion’s league. C’est pas pareil frère.

Cher aîné, 

Tu ne boxes pas dans la même catégorie que lui. Tu lui dois un grand respect. Ton retournement de veste ne saurait justifier la condescendance avec laquelle tu t’adresses à lui. À moins que tu sois un de ces hommes que le président Bedié qualifie de « suiveurs » tu gagnerais à faire l’effort de rester grand et jouer donc à jouer dans la cour des grands.

 

Dois-je te rappeler qu’en 2016, à Dimbokro, tu as affirmé ceci : « j’ai toujours dit que je veux présider un jour le PDCI. J’ai des ambitions moi. Je veux devenir un président du PDCI ». Sauf à penser que le PDCI est la mutuelle de Développement de Koffikro, est-ce avec cette culture de l’irrespect et ce langage ordurier, qui font désormais corps avec toi, que tu comptes diriger ce grand parti politique qui, en 2009, t’a exclu pour avoir été un renégat ? 

 

Dois-je aussi rappeler à ton bon souvenir qu’en 2010, toi le Bediste à géométrie variable tu disais : « je contribuerai à la victoire de Gbagbo », « je ne voterai pas pour Bédié ». Nonobstant cela, Bedié, a fait preuve de grandeur d’esprit en te réintégrant au PDCI. De même, comme tu le fais actuellement avec le président Affi, tu faisais une campagne particulièrement odieuse contre M. Ouattara en 2010. En dépit de tes attaques gratuites contre sa personne, il t’a lui aussi pardonné et t’a même nommé Inspecteur au ministère des Affaires Étrangères. Il n’a pas tenu compte de la nomination à la fonction d’ambassadeur dont tu as complaisamment bénéficié de la part du Président Gbagbo en 2006. Voilà le type d’attitude qui devrait t’inspirer.

 

Cher aîné, 

La politique est un jeu et non un amusement de cour de récréation. Affi n’est pas ton camarade, ressaisis-toi car, qu’on le veuille ou pas, nous sommes condamnés à vivre ensemble et peut-être à nous retrouver dans une opposition unie et forte. Ne rendons donc pas plus les choses plus difficiles qu’elles ne le sont.

Sans rancune, ton jeune frère de Dimbokro, Jean Bonin.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.