Délégué départemental Pdci-Rda de l’Akouè Nord, Yaoura Konan Jonas est candidat indépendant aux législatives du 6 mars prochain. Dans cette interview accordée à universelmedias.fr, Il donne les raisons qui l’ont poussé à être candidat contre le candidat de son parti.

Monsieur Yaoura Konan Jonas, vous êtes candidat indépendant aux législatives du 6 mars 2021. Qu’est ce qui motive cette candidature indépendante, quant on sait que Yaoura Konan est délégué départemental Pdci-Rda de l’Akouè Nord?

Merci de me donner la parole ; il est vrai que j’ai été plusieurs fois sollicité, en particulier en 2016 où des militants du Pdci-Rda m’ont approché pour que je sois candidat. J’ai refusé leur offre, pour quoi ? Cela parce que nous avions mis au niveau de notre circonscription électorale que constituent Yamoussoukro sous préfecture et Kossou sous préfecture, un principe qui est que nous devons donner la chance au député élu de faire deux mandats. Cela a été appliqué au profit de Yao Elysée aujourd’hui chef de Subiakro, de dame Dikébié Joséphine. Et en 2016 cela devrait s’appliquer pour Kouamé Edouard. Alors, je ne voulais pas briser cette chaîne de fraternité et de solidarité. En 2021, à l’ouverture des opérations pour candidater au niveau de notre parti, le Pdci-Rda, les secrétaires de section sont venus une fois de plus me voir pour que je sois candidat à la candidature. Chose que j’ai accepté. Cela parce que conformément à nos us et coutumes il y a ce qu’on appelle le « Tché » qui est au niveau juridique ce qu’on appelle la jurisprudence, qui m’autorise à être candidat. Ceci parce qu’en 2016, le député sortant, notre frère Dr Philippe Kouadio a décidé de briser l’élan de solidarité que nous manifestions à nos frères députés qui demandaient en second suffrage. Il s’est porté candidat indépendant contre le candidat choisi par le Pdci qui n’était autre que le député sortant, Kouamé Edouard. Donc c’est cette jurisprudence qu’il a établi qui m’autorise à être candidat aujourd’hui.

Mais vous êtes délégué et donc connaissiez les principes de votre parti qui ne sont que le dialogue, le consensus ?

Oui, je suis délégué départemental, membre du Bureau politique depuis 2000 et je me devais de respecter les principes de mon parti. C’est ainsi que j’ai déposé mon dossier pour être candidat à la candidature au Pdci-Rda. Mais avant, le processus nous recommande de faire un choix local et que cela se fasse autour du dialogue et du consensus comme vous l’indiquez dans votre question. Mais aussi, il est dit que si le consensus n’aboutissait pas, il fallait avoir recours aux primaires. C’est ce second mode opératoire qui a été mis en œuvre à la demande des membres des instances vu que le dialogue et le consensus n’ont pas abouti. A ces primaires du 11 janvier, monsieur le député sortant est venu avec des jeunes de la commune, je dis bien de la commune car j’aurais compris que ce soit des jeunes des sous préfectures de Yamoussoukro et de Kossou qui manifestent ; mais des jeunes de la commune armés de machettes et de couteaux ; nous pouvons mettre à votre disposition des vidéos et des photos où on le voit dans cette équipe des jeunes surexcités, menaçant de s’attaquer au personnel politique présent pour organiser les primaires. Ce personnel politique a pu se sauver parce qu’il y avait la police municipale et les issues de secours qui ont été utilisées pour extraire les personnalités politiques présentes. Vu cela, les militants pour mettre fin à l’utilisation de la violence, de l’anarchie et des méthodes barbares en usant des enfants en conflit avec la loi, attitudes qui ne sont pas des comportements de militants du Pdci-Rda ; se sont révoltés pour me demander de me porter candidat.

Votre candidature est donc pour parer aux violences ?

Bien sûr ! D’ailleurs c’est en réponse à ce que nous avons observé que nous avons dénommé notre liste : Paix-Union-Développement. La paix parce que nous voulons être un artisan de paix et de cohésion sociale. C’est ce que nos parents nous ont appris ; c’est ce qu’Houphouët-Boigny nous a appris et nous devons être en harmonie avec cela. Car nous sommes avec un peuple qui vit avec tout le monde et nous devons développer cela. Union c’est-à-dire travailler ensemble, en union avec la population et puis développement inciter à la synergie d’actions. Unir tous les cadres, toutes les couches socioprofessionnelles, les communautés pour aller ensemble au développement. Un député n’a pas de programme mais il a des engagements ; j’ai pris 10 engagements que je ferai connaître au moment venu. Il y a un autre symbole pour exprimer notre slogan, c’est le parapluie. Ceci pour penser la protection car sous un parapluie vous devez vous mettre ensemble et si vous êtes ensemble c’est qu’il y a la paix, la cohésion, l’harmonie et vous pouvez travailler ensemble pour avancer.

A vous entendre la paix, la cohésion sociale vous tiennent à cœur ; est-ce à dire qu’il a des soucis de cohésion dans votre circonscription électorale ?

Je n’ai pas besoin de l’évoquer, c’est une évidence. Quand un député sortant des sous préfectures de Yamoussoukro et Kossou prend des jeunes pour attaquer tout un personnel politique, cela montre qu’il y a problème. Aller prendre des jeunes, les armer contre ses parents cela montre qu’il y a eu un vide et que le député n’a pas joué pleinement son rôle auprès de nos parents et surtout auprès de nos jeunes. Voyez vous le Pdci c’est le dialogue, c’est la paix, vu comme une seconde religion. Voyez en Afrique, je ne dirai pas le baoulé, nous n’avons pas de loi ; la première loi en Afrique c’est le pardon, la tolérance. Mais l’Afrique ne joue que sur les jurisprudences. Pour conduire un peuple il faut être dans sa culture ; la jurisprudence est très importante parce que c’est par elle qu’il y a la cohésion dans nos sociétés africaines, qu’il y a la paix. Quand on a posé un acte de jurisprudence on est jugé par rapport à cet acte de jurisprudence. C’est pour cela que les gens me demandent d’être candidat, c’est pour cela que je suis obligé d’être candidat. Ce n’est pas un acte de vengeance mais c’est pour que les gens soient justes.

Vous êtes sur le terrain, vous parcourez villages et hameaux…

Oui, ce sont des rencontres avec les parents, pour expliquer le sens de notre candidature indépendante. Ce n’est pas la campagne mais juste dire à nos parents que nous sommes candidat et pour quoi nous sommes candidat.

Il y a un article qui circule sur les réseaux sociaux, notamment dans les colonnes d’un organe en ligne qui vous taxe d’artisan de dénigrement. Qu’en dites-vous ?

Je m’inscris en faux ! Je suis délégué départemental Pdci-Rda, je suis membre du bureau politique, je suis candidat à la demande de la base parce que la jurisprudence exige que je sois candidat. Je suis candidat parce que l’utilisation de la violence ne doit être encouragée. Vous savez, je dis souvent que l’homme est un ordinateur à qui on donne un logiciel. Le logiciel c’est l’ensemble des comportements qu’on lui donne sur une période déterminée. Pour nous, ce logiciel de violence, de barbarie, ce logiciel de refus de dialogue, de compréhension ne doit pas exister et ne doit pas être appliqué. Que mon frère Philippe se rappelle de 2016. C’est ce que nous expliquons, c’est tout.

Quel message pour des élections apaisées aussi à Yamoussoukro que partout en Côte d’Ivoire.

Notre slogan c’est « Ensemble pour notre sous préfecture » cela se traduira par la proximité avec mes parents, ça sera l’action pour le développement. Mais cela ne pour se faire que s’il y a la paix, la cohésion. Voilà pour quoi j’en appelle à un esprit de compréhension de tous. L’élection se fera en une journée, le meilleur gagnera et ça sera terminé. Mais après il faudra qu’on vive ensemble, se regarder. Comment le faire si nous n’avons pas des élections apaisées ? Voilà pour quoi je demande pour ma part, à mon équipe de ne pas user de violence aussi bien verbale que physique pour répondre à toute sorte de provocation. Cela doit être une attitude adoptée par tous les candidats car nous ne sommes que des adversaires mais pas des ennemis. Il nous faut nous inscrire tous autant que nous sommes dans la philosophie Houphouëtienne qui est de faire du dialogue l’arme des forts. Cela dans le respect des règles du jeu. Les Ivoiriens doivent s’approprier la devise de la Côte d’Ivoire qui est Union-Discipline-Travail. C’est-à-dire être ensemble, respecter la loi, les règles et par le travail développer ce beau pays que nos Pères nous ont légué.

Kouagny Bah

1 Commentaire

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