Le 31 août 2020, EDS dépose la candidature de Gbagbo à la CEI.
Une semaine après (mercredi 02 septembre) sur France24, Me Habiba Touré, avocate et porte-parole de Gbagbo révèle que son client n’a mandaté personne pour son dépôt de dossier de candidature, c’est une initiative de l’EDS sans  » aucune instruction du président Laurent Gbagbo » qui n’a pas fait cas d’une éventuelle candidature.

Évidemment, ça l’a touché, ça l’a ému. Mais lui sa préoccupation première, c’est la situation de la Côte d’Ivoire et du peuple ivoirien ».
Le 07 septembre 2020, Katina  »porte-parole politique » ne dit pas autre chose que  » le président Laurent Gbagbo se félicite de cet élan de solidarité national à son endroit, remercie sincèrement le peuple de côte d’ivoire et, (…) ceux qui ont porté sa candidature ».
Il clair dès lors que le pdt GBAGBO apprécie la démarche, mais sa  »préoccupation première » n’est pas de  »briguer » un mandat présidentiel.
Cela a porté un coup de froid au  »zèle » avec lequel EDS a porté sa candidature, au point de répondre avec une gêne assourdissante (le 03 septembre 2020) par le truchement de Franck Anderson Kouassi, le chargé de communication, « la déclaration de Habiba Touré est juste politique. On a déposé le dossier de candidature, c’est le plus important. »

Mais dans ce contexte actuel, le plus important, est-ce la candidature de GBAGBO ?

La candidature du président GBAGBO, si elle est importante et sérieuse relève en mon humble avis d’une stratégie, laquelle ?

En effet, pendant que toute l’opposition qualifie la candidature du président Ouattara, annoncée le 06 août et actée le 24 août 2020, d’inconstitutionnelle, il faut déposer  »la candidature » de Gbagbo également  »inconstitutionnelle »(là c’est un autre débat), pour voir jusqu’à quel niveau le conseil constitutionnel pourrait-être  »possédé par le diable » pour valider la candidature du président Ouattara et rejeter celle de Gbagbo. Comment sur la base du droit deux candidatures  »inconstitutionnelles » peuvent-elles subir des sorts différents !!!
Si le conseil constitutionnel n’invalide pas toutes les candidatures inconstitutionnelles, cela voudrait dire qu’il est partial, qu’il ne peut pas en toute transparence trancher en dernier ressort pour le vote des ivoiriens, et cela corroborerait à la communauté nationale et internationale les craintes de l’opposition quant à l’organisation d’un scrutin transparent. La conséquence serait qu’un audit international sur le listing électoral soit finalement acté par la communauté dite internationale, pour nettoyer les irrégularités,  » l’avance » du RHDP, comme le suggère l’opposition

Cependant, la candidature de Laurent Gbagbo nous ouvre sur une autre analyse.

En fait sauf miracle, cette candidature sera invalidée pour des raisons évidentes. Nous imaginons aisément que l’opposition manifestera et cela pourrait conduire le pays vers une certaine incertitude. Le président GBAGBO au nom de qui il pourrait y avoir les troubles, en portera en partie la responsabilité. Or il est encore en procès à la CPI. Et souvenons-nous que la procureure BENSOUDA a toujours argué que la libération de Gbagbo créerait des troubles en Côte d’Ivoire. C’est un risque à ne pas prendre quand on sait que c’est un procès politico-juridique. Oui le pdt GBAGBO n’a pas besoin de tous ces bruits autour de lui c’est pourquoi il a salué, a été  »ému… ça l’a touché’‘ (Cf Me Habiba) il a soutenu l’esprit de cette démarche comme une marque  »de solidarité’‘ (Cf Katina) avant de décliné poliment l’offre de l’EDS, parce que  » lui sa préoccupation première, c’est la situation de la Côte d’Ivoire et du peuple ivoirien ».(Cf Me Habiba). Le président GBAGBO veut la paix en côte d’ivoire, et il ne voudrait pas que son nom continue de servir de marchepieds pour ceux qui ne veulent pas de la paix dans ce pays. Le président Gbagbo veut participer à la vie en Côte d’Ivoire mais pas en étant en prison.

Cependant, ceux qui ont déposé sa candidature voudraient réexpérimenter  » la forfaiture de MAMA » pour continuer la maladive mais méchante combine contre le président du FPI; ils voudraient faire ombrage en réalité au candidat du FPI et dans une moindre mesure à l’hypothétique candidature de Simone Gbagbo, ils voudraient in fine se cacher derrière le PDCI, qui est un partenaire sérieux avec qui tous doivent compter, après pour faire dire à Gbagbo par le truchement de ses truculents porte-paroles  » comme ma candidature n’a pas été retenue, soutenez le PDCI »

Mais cette fois l’enjeu est trop sérieux pour laisser prospérer cette incongruité, qui est de loin contre-productive, pour un GBAGBO dont le seul souci est de rentrer en Côte d’Ivoire et qui n’a jamais été aussi proche de rentrer dans son pays, même si ce n’est pas à n’importe quel prix. Si le président OUATTARA a dit trivialement dans le Moronou, qu’il ferait  »rentrer GBAGBO » cela n’est pas moins une réalité.

Pour mémoire, le président GBAGBO, dans les années 90 a été arrêté, il a fait 6 mois de prison. À sa sortie, il a confié à ses proches « qu’il n’avait jamais pensé que les ivoiriens qui l’adulaient lors de ses meetings, vivraient normalement pendant son séjour carcéral. Il a conclu que désormais la lutte serait scientifique’‘ ; ce qui lui vaut le titre peu flatteur de  »Boulanger ». Ceux qui ont déposé cette candidature doivent avoir le courage de se déterminer clairement sans le nom de GBAGBO pour GBAGBO et se donner les moyens objectifs de chasser démocratiquement le président Ouattara du pouvoir.
De tout ce qui précède, sa candidature n’est pas nécessaire en l’état actuel des choses, ce qui est nécessaire c’est de reconquérir démocratiquement le pouvoir pour le retour du président GBAGBO dans son pays natal, la Côte d’Ivoire.