Côte d’ivoire : Laurent Gbagbo à l’épreuve de la fronde au FPI

par | Juin 8, 2020 | Côte d'Ivoire | 1 commentaire

A peine que ses conditions de liberté ont été allégées par la Cour pénale internationale (CPI), l’ancien Président ivoirien Laurent Gbagbo devra faire face à un autre dossier

La crise interne qui mine depuis 2014, le Front populaire ivoirien (FPI), son parti. Emmenée par une branche dissidente baptisée « GOR », c’est à dire « Gbagbo ou rien », cette crise a engendré un bicéphalisme au sommet et aussi à la base.  D’un côté, les partisans de la légalité rassemblés autour du président statutaire Pascal Affi N’Guessan ; et de l’autre côté, les frondeurs conduits par Dr Assoa Adou, successeur de Feu Aboudramane Sangaré, le maître de la fronde.

Pendant que Laurent Gbagbo séjournait à la prison de Scheveningen à La Haye, seuls quelques cadres Gors avaient accès à lui. Ils partaient et revenaient. Toutes les actions entreprises par le président légal du FPI Pasacl Affi N’Guessan pour rencontrer son mentor s’étaient toujours soldées par un échec.

3 janvier 2020. A la surprise générale de tous

Pascal Affi N’Guessan est en tête-à-tête avec Laurent Gbagbo à Bruxelles ; suivi d’une audience élargie à Dr Assoa Adou le lendemain. Ainsi sont jetées les bases de la réunification du FPI. De retour au pays, les choses s’accélèrent. Deux équipes sont mises en place pour travailler à l’unité. Malheureusement, après plusieurs rencontres, des sons discordants se font entendre.  Les cadres Gors tiennent un autre langage qui prend le contre-pied des instructions du président Laurent Gbagbo. Dans la foulée, le secrétaire général de la fronde Dr Assoa Adou, signe au nom du FPI, un accord cadre baptisé « CNCP » avec le PDCI-RDA. Suscitant ainsi la désapprobation de la direction légale du FPI.

« La récurrence des actes et autres appels censés engager le parti, sans que sa Direction n’ait été ni consultée ni informée, et devant la confusion qui en résulte forcément. Le FPI informe l’opinion publique nationale et internationale qu’il n’est nullement signataire d’une plateforme dénommée CNPC », a réagi le FPI par un communiqué signé de son secrétaire général et porte-parole, Issiaka Sangaré.

Le dimanche 7 juin

Les discussions entre les deux tendances du FPI sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. A l’origine de ce couac, un préalable posé par la branche légale. « Rien ne justifie, alors que nous sommes en pleine discussion, qu’une partie s’en détache pour tisser des liens qui engageraient tout le parti alors que l’autre partie n’en sait rien », en conséquence, « le FPI ne saurait être responsable de toute action négative qui émanerait de la coalition dit CNPC, dont-il n’a aucune idée du contenu », a justifié une source proche de la table de négociation. Raison pour laquelle il a été   demandé au Gor de se retirer de la CNPC, afin d’impulser la réunification du parti. Que non !  La dissidence oppose une fin de non-recevoir. Les positions étant figées, les travaux s’arrêtent. La réunification tant souhaitée n’est plus à l’ordre du jour. Alors qu’il ne reste que cinq mois pour aller aux élections.

Face à cette situation

Que va faire Laurent Gbagbo ? Lui qui a instruit les deux camps à sceller l’unité afin d’aller en rangs serrés à la présidentielle d’octobre 2020 ? Surtout que son statut juridique et les conditions du moment indiquent clairement qu’il lui sera impossible d’être candidat à cette élection. Va-t-il opter pour le schéma de la fronde, en appelant à voter le candidat du PDCI-RDA au détriment de son propre parti le FPI ? Ou bien, va-t-il désavouer la fronde soutenant ouvertement le président du FPI, Pascal Affi N’Guessan ?

Laurent Gbagbo est au pied du mur. Les militants du FPI attendent qu’il parle. La communauté internationale quant à elle observe.

En plus du règlement de la crise au sein de son parti, l’ancien Chef de l’Etat doit faire face à d’autres dossiers. A savoir, négocier les conditions de son retour au pays natal, où il a été jugé et condamné par contumace à 20 ans d’emprisonnement ferme. Vraiment du pain sur la planche ; car il a affaire à une fronde qui ne se soucie guère de sa condition sociale.

1 Commentaire

  1. Troh

    L’article est vraiment parfait.
    Et c’est la conclusion qui boucle la boucle.

     »car il a affaire à une fronde qui ne se soucie guère de sa condition sociale. »

    Réponse

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