Si l’on observe une accalmie sur l’ensemble du territoire ivoirien, la révolte contre Alassane Ouattara se poursuit dans le District de Yamoussoukro (centre du pays).

Les écoles primaires ont été fermées, le lundi 7 décembre, dans plusieurs villages, notamment a Tounzuebo, Gogokro, Houphouet-Djekro, Bonzi, Abouakouassikro et autres, par les villageois eux-mêmes. Dans les sous-préfectures d’Attiégouakro, Kossou et Yamoussoukro, les écoles ont partiellement fonctionné. La majorité des élèves ont brillé par leur absence ; parce que retenus par leurs parents.

À en croire des sources jointes sur place, cette révolte singulière est une forme de protestation contre l’enlèvement de 98 personnes dans deux villages de Yamoussoukro, dans le cadre d’une « affaire de mort d’un gendarme »; les enlèvements et arrestations clandestins et la traque des leaders de jeunesse par des hommes armés.

 » Nous exigeons la libération de nos frères parce qu’ils ne sont pas auteurs de la mort du gendarme. Il faut interroger ceux qui étaient avec lui dans le convoi. Nous demandons l’arrêt des enlèvements et arrestations arbitraires. On ne peut pas fermer les yeux sur ce qui se passe à Yamoussoukro. Les bras valides ont déserté les villages parce que pourchassés par les milices du pouvoir. Il faut que cela cesse. Nous avons droit à la vie », a confié un habitant de Bonzi joint au téléphone.

Rappelons que la Côte d’Ivoire a sombré dans une grave crise, depuis que Alassane Ouattara a décidé de briguer un 3ème mandat, à l’occasion de son discours à la nation du 7 août. Les plateformes de l’opposition et de la société civile, dénonçant un viol de la constitution, ont appelé à la désobéissance civile. De violentes manifestations ont éclaté dans tout le pays, avec un corollaire d’affrontements communautaires ayant occasionné au moins une centaine de morts. Le scrutin de la présidentielle du 31 octobre, organisée au forceps a été tout sauf une élection. Le vote n’a pas été possible dans plusieurs régions du pays. Le taux de participation au niveau national a été en deçà de 10%. Plusieurs leaders de l’opposition, dont le président du FPI, Pascal Affi N’guessan, candidat à la présidentielle, le secrétaire exécutif du PDCI-RDA, Maurice Kacou Guikahué, ont été arrêtés.
À la demande de Ouattara, un dialogue a été amorcé avec l’opposition, mais la situation n’a pas encore évolué.
Revenu d’un séjour en France, Ouattara envisage faire son investiture le 14 décembre prochain

De Pierre Constantin La FAYETTE