Laurent Dona Fologo (LDF), un dinosaure de la politique ivoirienne a rendu à l’âge de 82 ans à Abidjan. Au-delà de la casquette d’homme politique ayant marqué son époque, Fologo fut un émérite journaliste. Il est le premier rédacteur en chef ivoirien et l’un de ces premiers journalistes qui, non seulement, ont ouvert les pages de la presse en Côte d’Ivoire, mais ils lui ont conférer toute ses lettres de noblesse.

LDF fut respectivement président de l’Association National des Journalistes de Côte d’Ivoire (1960-1975), président de l’Union Internationale des Journalistes Francophones (1970-1975 et, membre fondateur de l’Union des Journalistes Africains (U.J.A). Il est co-fondateur de la revue Voix d’Afrique (1986-1989).

Né le 12 décembre 1939 à Sinématiali, Laurent Dona Fologo est un diplômé de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille (ESJ). Il est issu de la 38ème promotion. Revenu dans son pays, il intègre la rédaction d’Abidjan Matin qui devient en 1964, Fraternité Matin. Il n’a que 24 ans. Laurent Dona Fologo est alors nommé Secrétaire général ; le tout premier du quotidien pro-gouvernemental, Fraternité Matin. Quelques années plus tard, il en devient le directeur.

En 1974, Fologo abandonne la plume et fait son entrée au gouvernement. Il est nommé ministre de l’information dans le gouvernement du Président Houphouët-Boigny. Il restera au gouvernement jusqu’en 1989. Pendant ce temps, la Côte d’Ivoire est à l’orée de l’ère du multipartisme. Sorti du gouvernement, il prend les rênes du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), en tant que Secrétaire général, pendant une dizaine d’années.

En 1996, il signe son retour sous le gouvernement du Président Henri Konan Bedié, en qualité de ministre d’Etat. Ce, jusqu’au 24 décembre 1999, où le Général Guéi Robert et ses « jeunes gens », renversent le pouvoir. Fologo est arrêté puis malmené dans un camp militaire avant de recouvrer la liberté.
En 2001, Laurent Dona Fologo, après avoir gravi presque tous les échélons au sein du Pdci-Rda, décide de briguer la présidence. Il est candidat, au congrès de 2001, contre le président sortant Henri Konan Bedié, alors en exil en France suite au coup d’Etat qui l’a évincé du pouvoir. Battu, les relations entre les deux hommes ne seront plus au beau fixe.

Au cours de la même année ; par décret présidentiel n° 2001-683 du 30 octobre 2001, le Président Laurent Gbagbo, alors parvenu au pouvoir, nomme Laurent Dona Fologo, président du Conseil économique et social (CES).

19 septembre 2002. La Côte d’Ivoire sombre dans une crise militaro-politique. Fologo participe aux négociations de Lomé sous l’égide de la Cedeao, puis à celles de Linas-Marcoussis. Dans la foulée, il lance le sursaut national pour le rassemblement de tous les ivoiriens pour sauver la Côte d’Ivoire du chao.

2003 ; les relations ne s’étant pas encore améliorer avec le PDCI-RDA, son parti, Laurent Dona Fologo crée son parti : Le Rassemblement pour la paix (RPP) et se rapproche du président Laurent Gbagbo qu’il soutient. A la chute de ce dernier en avril 2011, à la crise d’une sanglante crise post-électorale, Laurent Dona Fologo fait allégeance à Alassane Ouattara et prend sa retraite politique. Il sera de moins en moins visible dans les médias et sur les écrans.

Homme modéré et épris de paix, Laurent Dona Fologo était connu pour sons sens d’humour et son franc-parler. A ceux qui le taxaient de « sécher ses habits là où le soleil brille« , Il répondait qu’il est « idiot de ne pas sécher ses habits au soleil » , puis d’interroger : « Qui sèche ses habits sous la pluie » ?

Vendredi 5 février, à la surprise général de tous, la télévision nationale annonce le décès de celui que l’on appelle affectueusement, le « père du sursaut national« .

KOFFI KOUAME

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