CENTRAFRIQUE : JUSQU’OÙ IRA BOZIZÉ ?

by | Apr 7, 2021 | Afrique

ActualitéNew

Depuis le 21  mars dernier, l’ex-Chef d’Etat centrafricain, le général François Bozizé ne préside plus le Kwa Na Kwa (KNK) son parti. Il est désormais le chef de la Coalition des patriotes pour le chnagement (CPC), coalition de mouvements rebelles qui contrôlent une grande partie du territoire de centrafricain. C’est le porte-parole du groupe rebelle, Serge Bozanga qui en avait fait l’annonce officielle. Soit, quelques jours avant l’investiture, le  mardi 30 mars,  de Faustin Archange Touadéra, vainqueur de la présidentielle du 27 décembre dernier. Selon lui, François Bozizé n’a fait que répondre favorablement à l’appel des groupes armés membres du CPC, lui demandant de prendre la tête de la coalition en qualité de « coordinateur général ».

La décision du tout nouveau chef rebelle confirme les accusations du régime Touadéra. Qui, rappelons-le, le soupçonnait d’être caché derrière la rebellion pour fomenter un coup d’Etat. « François Bozizé se trouve actuellement aux abords de la ville de Bossembele (à 150 km au nord-ouest de la capital) dans l’intention manifeste de marcher avec ses hommes sur la ville de Bangui.  Il s’agit manifestement d’une tentative de coup d’État que le gouvernement tient à dénoncer en cette période électorale», avait déclaré le porte-parole du gouvernement Ange-Maxime Kaagui, dès l’annonce de la fusion des   groupes armés qui se partageait le pays profond. Une accusation que le KNK de l’ancien chef d’Etat  avait niée.

Avec son manteau de rebelle, la question qui se pose est de savoir jusqu’où ira le général François Bozizé ? Surtout que les rebelles n’ont pas réussi à empêcher la réélection de Touadera à l’issu du premier tour de la présidentielle du 27 décembre.  Aussi,  les différentes marches sur Bangui, la capitale, ont toujours été repoussées par les forces gouvernementales. Qui,  le 24 février dernier,  ont repris Bossangoa, fief de François Bozizé, à 280 km au nord de la capitale.

De son côté, le Conseil de sécurité de l’Onu a approuvé récemment l’envoie de 3000 casques bleus supplémentaires en renfort à  la Mission des nations unis en Centrafrique (Minusca). Ce qui portera l’effectif à 14.400 militaires. Outre la mission de protection des civils et de facilitation de l’acheminement de laide humanitaire, ils auront pour tâche de d’aider à « éviter (et s’oposer le cas échéant) une future détérioration de la situation sécuritaire, tout en créant un espace pour faire progresser le processus politique ».

Arrivé au pouvoir en 2003 à la suite d’un coup d’État avant d’en être chassé en 2013, Bozizé  s’était porté candidat à la présidentielle du 27 décembre.  Sa candidature avait été invalidée début décembre par la Cour constitutionnelle au motif notamment qu’il était sous le coup de sanctions de l’ONU pour son soutien présumé à des milices d’autodéfense coupables, selon les Nations unies, de crimes de guerre et contre l’humanité au paroxysme de la guerre civile en 2013 et 2014.

Koffi KOUAME

0 Comments

Submit a Comment

Your email address will not be published.

Abonnez-vous à notre newsletter

Rejoignez notre liste de diffusion pour recevoir les dernières nouvelles et mises à jour de notre équipe.

Vous vous êtes enregistré avec succès

Share This