BLANCHIMENT D’ARGENT ET FINANCEMENT DU TERRORISME : LES MINES NE VEULENT PAS RETOMBER DANS LEURS VIEUX TRAVERS

par | Juil 27, 2020 | Côte d'Ivoire, Djihadisme, Dossier, Economie, Enquête, Politique, Terrorisme | 0 commentaires

Une étude va être lancée pour évaluer si le développement très rapide du secteur minier ivoirien ces dernières années n’a pas entrainé des blanchiments de capitaux et appuis budgétaires aux groupes terroristes comme ce fut le cas dans l’extraction de diamants du pays par le passé.

Une étude va être lancée pour évaluer si le développement très rapide du secteur minier ivoirien ces dernières années n’a pas entrainé des blanchiments de capitaux et appuis budgétaires aux groupes terroristes comme ce fut le cas dans l’extraction de diamants du pays par le passé.
L’agence de coopération allemande GIZ prévoit de recruter une équipe de consultants afin de réaliser d’ici la fin 2020 une étude sur les risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme via les mines de Côte d’Ivoire.
Après avoir estimé le volume de fonds illicites générés par l’activité minière du pays et la somme de de produits illégaux blanchis au travers d’elle, les recrues devront formuler des recommandations afin d’élaborer une méthodologie à suivre par les autorités vis-à-vis des mines.

La mission intervient pour combler un manque. Si une loi a été adoptée dans le pays en 2016 pour mettre en œuvre les normes de l’instance intergouvernementale Groupe d’action financière internationale (GAFI) de lutte contre ce type de flux financiers illicites, la GIZ s’inquiète du fait que le ministère des mines ivoirien ne soit doté d’aucun mécanisme de contrôle, et que les forces de l’ordre et les douanes ne soient pas formés aux besoins spécifiques du secteur./p>

DES PETITES STRUCTURES AUX ACTIVITÉS DISCRÈTES

Or, les mines ivoiriennes se sont développées extrêmement rapidement dans les dix dernières années. Et, si de nombreux juniors cotés en bourse, donc soumises à des règles de transparence financières strictes, sont arrivées, cette croissance du secteur a également drainé une noria de petites structures et individus faisant moins l’objet d’inscriptions. Aussi, l’extraction alluviale d’or et de diamants sur des périmètres de petite taille dans des zones reculées permet d’agir discrètement et surtout rapidement, d’autant plus que certains sont situés à proximité des frontières.
La GIZ et l’Union européenne (UE=, qui cofinance l’étude, entendent surtout éviter que la Côte d’Ivoire ne retombe dans la situation des années 2000. A la suite de la guerre civile de 2002, un embargo sur les exportations de diamants ivoiriens avait été décrété par les Nations unies et maintenu jusqu’en 2014 (Africa Intelligence du 06/05/14) du fait de la prise de contrôle par des groupes armés de sites d’extraction, qui finançaient par-là leurs activités.
Alors que la Côte d’Ivoire est actuellement ciblée par des groupes terroristes et qu’approche l’élection présidentielle évènement qui à par le passé provoqué des violences dans le pays, l’étude doit définir des méthodes pour empêcher au maximum les activités illicites liées aux mines.

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