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AU CAPITOLE, L’INCROYABLE IMPRÉPARATION DE LA POLICE

par | Jan 11, 2021 | Dossier, Enquête, Etats-Unis, Géopolitique, Internationale, Politique, Présidentielle 2020 | 0 commentaires

La police submergée face aux partisans de Donald Trump, le 6 janvier 2021 à Washington. — © SHANNON STAPLETON/REUTERS

La force affectée à la protection du Capitole a été submergée par les partisans de Donald Trump et les renforts ont mis du temps à arriver. Le contraste avec la réponse très dure à d’autres manifestations interpelle.

Publié jeudi 7 janvier 2021 à 14:05
Modifié jeudi 7 janvier 2021 à 14:10

Ce n’est pas faute d’avoir été prévenu. Le président Donald Trump avait promis des «surprises» pour ce mercredi 6 janvier. Avait-il en tête l’assaut du Congrès, appelé à certifier la victoire électorale de son rival, Joe Biden? Ou a-t-il été débordé par ses troupes? On ne le saura sans doute jamais. Mais une chose est certaine: les partisans du président réunis à Washington étaient prêts à en découdre. En témoigne, notamment, la découverte d’engins explosifs artisanaux une fois le Capitole réinvesti par les forces de sécurité.

JUST IN: D.C. Metropolitan Police Chief Robert Contee confirms that law enforcement found 2 pipe bombs, as well as a cooler containing Molotov cocktails, during the response to Wednesday’s violence.https://t.co/an1E0Ddpx4

_NPR (@NPR) January 7, 2021

Comment alors expliquer l’incroyable impréparation de la police qui protégeait le Congrès en un jour aussi sensible? Les agents ont en effet été rapidement submergés par les manifestants qui ont réussi à entrer dans le vaste bâtiment, pourtant censé être l’un des plus sécurisés des Etats-Unis. Les lieux sont protégés par une force de police spéciale forte de 1900 membres. Mais ceux-ci n’étaient pas préparés à un assaut par des milliers de manifestants. Une minorité d’entre eux étaient en tenue antiémeute pour repousser la foule.

Mercredi, à la vue des incroyables images du Capitole dans lequel déambulaient tranquillement les émeutiers, d’innombrables internautes et commentateurs ont tiré un parallèle avec les manifestations du mouvement Black Lives Matter au même endroit en juin dernier, à la suite de la mort de George Floyd sous le genou d’un policier.

Police response: Black Lives Matter protests vs. pro-Trump riots pic.twitter.com/PsSlVPa6rs

_The Recount (@therecount) January 6, 2021

Le 2 juin 2020, le Capitole est alors verrouillé par plusieurs cordons de militaires en treillis lourdement armés. La veille, les forces de l’ordre avaient évacué sans ménagement les rues près de la Maison-Blanche pour que le président Donald Trump puisse se faire filmer et photographier dans une église, bible à la main, promettant de restaurer l’ordre et la loi face aux manifestations massives à travers les Etats-Unis. Mercredi, «si les protestataires avaient été noirs, on les aurait aspergés de gaz lacrymogènes, battus ou on aurait même ouvert le feu», estimait mercredi le mouvement Black Lives Matter.

La différence fondamentale entre les deux événements est que, mercredi, la Garde nationale, plus lourdement armée, n’était pas déployée autour du Capitole. Cette force dépend des gouverneurs et du gouvernement fédéral, lequel l’avait largement déployée lors des émeutes qui ont suivi la mort de George Floyd. Mercredi, il n’a pas été jugé utile d’affecter la Garde nationale à la protection du Congrès contre les partisans du président. Les troupes étaient assignées à «d’autres tâches», avait dit un officiel cité par la chaîne américaine CNN. D’autres officiels cités dans les médias américains se sont défendus en affirmant qu’une présence militaire trop affirmée aurait jeté de l’huile sur le feu. «Dans ces cas de figure, il y a toujours un dilemme entre une intervention musclée et la nécessité de calmer le jeu», commente Pierre Aepli, ancien commandant de la police vaudoise et aujourd’hui consultant en sécurité internationale.

La Garde nationale rappelée

Ce n’est qu’après l’envahissement du Congrès par les partisans de Trump que la Garde nationale est intervenue. C’est, semble-t-il, le vice-président Mike Pence qui l’a décidé. D’autres renforts sont aussi progressivement arrivés pour évacuer les assaillants, du FBI ou d’Etats voisins contrôlés par les démocrates. «Ce qui est frappant aux Etats-Unis, c’est la complexité du système policier, estime Pierre Aepli. La chaîne de commandement est souvent peu claire, encore compliquée par la situation politique extrêmement polarisée.»

Appels à une enquête

Il n’empêche que la légèreté du dispositif initial interpelle. Les images d’officiers calmant le jeu voire sympathisant avec les occupants du Capitole aussi. Mais la police a aussi usé de violence. Une femme a été tuée par balle par un officier. Trois autres personnes sont aussi décédées mercredi, dans des circonstances peu claires. Mercredi soir, heure américaine, seules une cinquantaine de personnes avaient été arrêtées, la plupart, selon les médias américains, accusées d’avoir violé le couvre-feu dans Washington, décrété après les événements au Congrès.

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Plusieurs parlementaires américains ont, en tout cas, appelé à une enquête sur les défaillances de l’appareil sécuritaire qui ont laissé le temple de la démocratie américaine être investi le mercredi 6 janvier 2021, une date déjà entrée dans les annales.

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