« (…) L’histoire prononce un verdict clair : les gouvernements qui respectent la volonté de leur peuple, qui gouvernent par le consentement et non par la coercition, sont plus prospères, plus stables et plus florissants que ceux qui ne le font pas.
Il ne s’agit pas seulement d’organiser des élections – il faut voir ce qui se passe entre les scrutins. La répression revêt de nombreuses formes et trop de pays, même ceux qui tiennent des élections, sont en proie à des problèmes qui condamnent leur peuple à la pauvreté (…) Personne ne veut vivre dans une société où la règle de droit cède la place à la loi du plus fort et à la corruption. Ce n’est pas de la démocratie, c’est de la tyrannie, même si de temps en temps on y sème une élection ça et là, et il est temps que ce style de gouvernement disparaisse.
En ce XXIe siècle, des institutions capables, fiables et transparentes sont la clé du succès – des Parlements puissants et des forces de police honnêtes ; des juges et des journalistes indépendants ; un secteur privé et une société civile florissants, ainsi qu’une presse indépendante. Tels sont les éléments qui donnent vie à la démocratie, parce que c’est ce qui compte dans la vie quotidienne des gens.
Alors ne vous y trompez pas : l’histoire est du côté de ces courageux Africains, et non dans le camp de ceux qui se servent de coups d’Etat ou qui modifient les constitutions pour rester au pouvoir. L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions ».

Ce discours de l’ancien président américain, Barack Obama, prononcé le samedi 11 juillet 2009 au Ghana, n’a malheureusement pas été entendu dans certains Etats de l’Afrique de l’ouest. Surtout en Côte d’Ivoire et en Guinée, deux pays voisins. Comme s’ils s’étaient passé le mot, les présidents Alassane Ouattara et Alpha Condé, ont, contre la volonté de leurs peuples et contre vents et marées, tripatouillé leurs constitutions respectives pour s’offrir chacun un troisième mandat. Une vraie regression démocratique qui met en péril la paix et la stabilité dans la sous région ouest-africaine.

En Guinée, des emeutes ont éclaté dans le pays pour protester contre la volonté de Condé de briguer un troisième mandat. L’on a enregistré plusieurs morts et denombreux dégâts matériels. Le pouvoir a fait de la repression son arme. Plusieurs opposants ont été arrêtés puis incarcérés.

Idem en Côte d’Ivoire. Des émeutes qui ont viré à des affrontements communautés ont éclaté dans la quasi-totalité du pays. L’on a déploré plus d’une centaine de morts et d’importants dégâts matériels. Comme chez son voisin, le régime d’Abidjan a déployé sa forme armée. Des milliers de jeunes sont arrêtés, ainsi que des leaders de l’opposition, dont le président du Front populaire ivoirien, Pascal Affi N’guessan.

Le comble, c’est que tousces évènements se sont déroulés sous les yeux de la communauté internationale. Notamment la France, la Cedeao et l’UA. Plus grave, plutôt que de condamner, ceux-ci ont favorablement répondu à l’invitation des deux présidents qui se sont imposés à leurs peuples.

Ainsi, le lundi 14 décembre, à la prestation de serment de Ouattara à Abidjan, l’on notait les présences des présidents du Bénin, Patrice Talon, du Burkina Faso, Roch-Marc Christian Kaboré, du Congo, Denis Sassou Nguesso, de l’Ethiopie, Sahle-Work Zewde, du Ghana, Nanan Akufo-Addo, de la Guinée Bissau, Umaro Sissoco Embaló, du Liberia, George Weah, de la transition au Mali, Bah N’Daw, de la Mauritanie, Mohammed Ould el-Ghazouani du Niger), Issoufou Mahamadou, de la Sierra-Léone, Julius Maada Bio et son épouse, du Sénégal, Macky Sall et du Togo, Faure Gnassingbé.

Le mardi 15 décembre, à l’investiture d’Alpha Condé en Guinée, étaient présents le ghanéen Nana Akufo-Addo, également président en exercice de la Cédéao, Idriss Déby du Tchad, Denis Sassou-Nguesso du Congo et Georges Weah du Libéria. Ont brillé par leurs absences, Macky Sall, du Sénégal, Umaro Sissoco Embaló, chef d’État de la Guinée-Bissau, Mahamadou Issoufou du Niger et Muhammadu Buhari, du Nigeria.

Ces présences très remarqué des représentants de la France et celle de la douzaine de Chefs d’Etat à Abidjan et à Conakry, augurent plus une célébration du viol des constitutions. L’Afrique de l’ouest a encore du chemin à parcourir sur le chemin de la démocratie, parce que les acquis foutent désormais le camp.

Jean Martinien DURANTE

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